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Quel regard portez-vous sur le Tournoi des six nations qui s'achève ? C'est certainement le Tournoi des regrets. A cinq minutes près, les cinq minutes au cours desquelles nous avons flanché face au pays de Galles, nous sommes passés à côté de quelque chose de grand, du neuvième Grand Chelem du rugby français. Et tout cela avec une équipe renouvelée. Ces cinq minutes nous ont enlevé beaucoup de bonheur.
Ce Tournoi lance-t-il le XV de France vers la Coupe du monde 2007 ? Oui, la campagne pour 2007 est lancée. En tous les cas, elle est lancée dans la tête des joueurs. On en a parlé avant et après le match de samedi. Aujourd'hui, il y a une cinquantaine de joueurs en concurrence. Il n'y en aura que trente à l'arrivée. Là, c'est parti.
Au-delà des résultats, le XV de France semble s'être réconcilié avec son public. Est-ce important ? C'est important que l'équipe de France plaise, mais nous n'avons jamais joué pour déplaire ! Notre volonté a toujours été de produire du jeu. Nous savons que nous ne disposons pas de joueurs capables de traverser les défenses, comme les Australiens, et que notre jeu doit être basé sur le déplacement et la vitesse. Depuis cinq ans, nous avons un jeu basé sur le mouvement. Malheureusement, ou plutôt heureusement, contre l'Ecosse nous avons totalement déjoué. Notamment parce que nous avons été contrés en conquête.
A quel moment avez-vous senti que le XV de France s'inscrivait dans une nouvelle dynamique ? En Angleterre (victoire 18 à 17 le 13 février). Mais nous n'avons jamais douté de ce groupe et des joueurs qui le constituent. Nous n'avons pas été bons contre l'Ecosse, mais on sait pourquoi : parce que nous n'avons pas été performants sur les renvois et en conquête. Ensuite, le groupe s'est davantage fabriqué en Angleterre, dans un stade où il faut se serrer. Avant le match, dans les vestiaires, on a senti que les mecs étaient prêts.
" L'équipe de France, ce n'est pas seulement 22 joueurs"
Quels sont les joueurs qui ont marqué des points pendant ce Tournoi ? Beaucoup de joueurs ont marqué des points. Les plus jeunes sont arrivés sans expérience, et ils se sont tout de suite intégrés. Ils ont tout de suite senti les exigences du haut niveau. Il y a aussi des mecs qui ont grandi : Dimitri Yachvili, Jérôme Thion, Julien Bonnaire, Sébastien Bruno. Jusqu'à présent, ils étaient là sans y être. Ils étaient plus ou moins remplaçants. Ensuite, il y a tous les jeunes: Nicolas Mas, Yannick Nyanga, Julien Laharrague ou Benoît Baby. Et j'en oublie !
Comment jugez-vous Frédéric Michalak, qui s'est retrouvé dans le rôle du remplaçant de Yann Delaigue tout au long du Tournoi ? Ce n'était pas facile pour lui mais il a joué le jeu. Bon, il fait une erreur en Irlande (en défense, sur l'essai inscrit par O'Driscoll). Maintenant, il faut qu'il retrouve la confiance, en jouant avec son club. Il fait partie des joueurs sur lesquels on compte. On a envie qu'il grandisse et d'ailleurs, il viendra en tournée en juin. Au-delà du cas Michalak, nous cherchons des joueurs susceptibles de jouer à l'ouverture. Yann Delaigue a fait un bon Tournoi. Il a 31 ans. A lui de se donner les moyens d'aller jusqu'à la Coupe du monde.
Pour la tournée en Afrique du Sud et en Australie en juin, prévoyez-vous de mettre des joueurs au repos en plus du capitaine Fabien Pelous ? Hormis Fabien Pelous qui ne viendra pas, nous allons discuter avec d'autres joueurs, comme Christophe Dominici, Serge Betsen ou Sylvain Marconnet, pour voir s'il est nécessaire de les laisser au repos. Cela concerne en fait tous les trentenaires. Nous allons nous servir de ces trois matches, et des trois du mois de novembre, pour voir d'autres joueurs. Ce sont des matches amicaux. Il faut enfoncer le clou.
Envisagez-vous de rappeler Raphaël Ibanez ? On pense à lui, comme joueur pas comme capitaine, mais il faut d'abord qu'il joue dans son club (les Saracens de Londres). C'est la même chose pour Olivier Magne. Au-delà de ces deux cas, l'équipe de France, ce n'est pas seulement 22 joueurs. C'est un groupe élargi. Propos recueillis par l'AFP
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